La ville des tétines magiques – conte –

bebe ritUn conte – dont je ne connais l’auteur(e) – que j’ai gardé depuis quelques années et que j’adore !

Pas vous ?

En cette rentrée 2013, votre enfant en grande section a toujours sa « tuttute », sa « totote », sa sucette à la bouche ? Vous devez lui dire de l’enlever pour comprendre ce qu’il dit ?
Je pense que cette histoire lui fera le plus grand bien pour s’en détacher !banniere sucette

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Il y a très, très longtemps, il existait une ville bizarre.

C’était une ville comme Paris, Lyon ou Poitiers, une ville comme toutes les autres villes, sauf qu’on n’y entendait pas un bruit.

Ni « clic », ni « clac », ni « ouh », ni « schlouf ». Rien. Pas un bruit d’avion, ni une parole de grand. Rien.

On appelait cette ville « la ville du silence ». Quand on s’y promenait, on avait l’impression de marcher sur un gros nuage en coton.

Les écoles étaient pleines de silence, les cours étaient comme un paysage sous la neige, les bébés ne pleuraient jamais, les enfants ne hurlaient jamais et les grands ne parlaient jamais. Même quand la maîtresse posait (en silence) une question, personne ne lui répondait – ou juste avec yeux -.

Comment cela est-il possible ?

Je vais te raconter….

La ville état dirigée par la Reine des Tétines. Elle portait une tétine en guise de couronne et un sceptre-tétine à la main. Elle habitait dans un royaume en forme de tétine, dormait dans une tétine à baldaquin, dans des draps de soie imprimés de p’tites tétines.

La Reine passait son temps à adorer la Tétine Magique.

Tous les matins, elle se regardait dans un miroir en forme de tétine et elle demandait : << Oh, Tétine adorée ! Tétine Magique ! Tétine que j’aime ! Dis-moi…. De toutes les villes qui existent, quelle est la plus sage ? >>

<< Y a pas photo. De toutes les villes, ô ma Reine, répondait la Tétine Magique, c’est ta ville qui est la plus sage. >>

<< De tous les enfants, qui sont les plus sages ? >>

<< Ô ma Reine, cela ne fait pas un pli. De tous les enfants, les tiens sont les plus adorablement sages du monde. >>

Tous les matins, la Reine se félicitait d’avoir donné des tétines magiques aux petits enfants et à leurs parents. Les tétines étaient magiques car, dès qu’on les portait à la bouche, on ne pouvait plus les enlever.

De toute sa vie.

banniere sucetteC’est pourquoi les bébés ne pleuraient pas, les grands bébés ne grognaient pas, les petits enfants ne pleurnichaient pas, les grands ne se chamaillaient pas, les parents ne discutaient pas. C’est pourquoi tout le monde souriait car ces tétines étaient en forme de sourire !

Les ministres de la Reine, les fabricants de silence, travaillaient dur dans leurs bureaux pour vendre du silence dans les pays du monde. Mais personne ne donnait le secret des tétines magiques.

<< C’est ce qui fait notre richesse ! disaient-ils. Le jour où le secret des tétines sera découvert, le silence envahira la planète et nous cesserons d’être riches ! >>

Pourtant, on ne peut pas rester comme cela, dans le silence.

Les mots, eux, n’aiment pas les tétines. Ils ont envie de sortir, de s’amuser, de danser la java et pas de rester prisonniers dans le coeur des enfants.

Ils ont envie de dire ces mots.

<< Je suis heureux >> ou << J’en ai marre, ras le bol >> ou << Je n’aime pas le noir >> ou << J’aime le soleil >> et des tas d’autres choses encore. Ils étaient si furieux, les mots, qu’un jour, ils décidèrent de se révolter.

Ils poussèrent si forts derrière la bouche des enfants que les tétines magiques sautèrent comme des bouchons de champagne !

Ce qui en sortit, ce fut une ribambelle de cris :

<< A bas les tétines magiques ! >>

<< Nous sommes contre la dictature des tétines ! >>

<< Maîtresse, je veux vraiment dire quelque chose. >>

<< J’ai faim, j’ai soif, j’ai mal. >>

<< Je suis très heureux, j’adore le chocolat. Chaud, au lait, en gâteau, en mousse et partout ! Du chocolat, partout, tout le temps ! >>

Bien sûr, tous les mots sortirent comme cela, d’un bloc.

Cela donne quelque chose de désordonné.

banniere sucetteComme une chanson qui déraille. Les petits enfants étaient très heureux. Comme cela ? Ils pouvaient dire des choses aussi drôles, aussi intéressantes ! Ils se sentaient si riches….

Au début, bien sûr, il fut très difficile de laisser les tétines magiques qui, parfois étaient bien pratiques quand on ne sait pas quoi dire, ni quoi faire.

Des tétines avec qui on avait vécu pendant des années, c’était difficile de les abandonner !

Mais les mots ! Les mots étaient si drôles, si amusants ! Les mots étaient comme des jeux, les jeux de la bouche. Tous les mots sont magiques.

<< On peut se passer des tétines, mais sûrement pas des mots ! >> pensèrent les enfants.

C’est ainsi que la ville du silence redécouvrit le bonheur des petits bruits. Les enfants ouvrirent un musée,  » le musée des Tétines « , où ils rassemblèrent toutes les tétines magiques en forme de sourire.

Il y en avait des milliers !

Même des millions !

De temps en temps, ils venaient les regarder, derrière les vitres. Ils expliquaient :

<< C’était quand j’étais petit et que je ne savais pas encore parler. >>

C’est tout ce qu’ils disaient à leurs enfants.

Quand à la Reine des Tétines, on la nomma gardienne en chef du musée des Tétines. Bien sûr, elle était obligée de se taire car dans les musées, on fait toujours silence….

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